La politique du corps non dit

—Traces d’odeur et de silence—

by 이소피아
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[단편소설]


작품 설명


Le corps enregistre ce que le langage refuse de dire.

L’odeur devient preuve avant même que la mémoire puisse se défendre.

Par une nuit d’hiver, dans un train, une femme s’aperçoit que l’odeur de son animal a changé. Avant de s’en séparer, elle tente d’en capter et d’en préserver l’odeur « originelle » sous forme de donnée, pour découvrir que cette odeur a déjà basculé hors de toute récupération. Dès lors, la perception olfactive cesse d’être une sensation privée pour devenir une archive, absorbée par la vitre, le tissu, le souffle et l’air. Le récit oscille entre le langage technique de la gestion des traces et une langue intime du dégoût, montrant comment les émanations du corps règlent l’attachement, la distance et la responsabilité morale. Incapable de recueillir avant d’enregistrer, la protagoniste se heurte à l’impossibilité de conserver une origine pure. Il ne reste qu’une archive contaminée, qui continue de la juger, et pose des questions de possession, de responsabilité et d’abandon dans un monde où les corps laissent des traces au-delà de toute intention.


몸은 언어가 말하기를 거부하는 것을 기록한다. 냄새는 기억이 스스로를 변호하기도 전에 증거가 된다.

겨울밤, 기차 안에서 한 여자는 자신의 반려동물의 냄새가 바뀌었다는 사실을 알아차린다. 그 동물을 떠나보내기 전에, 그녀는 그 “본래의” 냄새를 데이터의 형태로 포착하고 보존하려 하지만, 그 냄새는 이미 회복 불가능한 곳으로 이동해버렸음을 깨닫는다. 그 순간부터 후각적 지각은 더 이상 사적인 감각에 머물지 않고, 유리창과 천, 숨결과 공기 속에 스며드는 하나의 아카이브가 된다. 이 서사는 흔적 관리의 기술적 언어와 혐오의 친밀한 언어 사이를 오가며, 신체의 분비와 발산이 애착과 거리, 그리고 도덕적 책임을 어떻게 조절하는지를 보여준다. 기록하기 전에 채집할 수 없었던 주인공은 어떤 순수한 기원도 보존할 수 없다는 불가능성과 맞닥뜨린다. 결국 남는 것은 그녀를 계속 심판하는 오염된 기록물뿐이며, 몸들이 의도를 넘어 흔적을 남기는 세계에서 소유, 책임, 그리고 유기에 관한 질문을 제기한다.


본문 발췌

Après l’explosion nucléaire

La vitre du train de nuit est tachée par le souffle que d’innombrables gens y ont laissé sans même y penser. Des couches de souffle ont adhéré les unes aux autres. On ne peut plus les enlever. Des pellicules qu’on n’ôterait qu’avec des diamants industriels—petits, purs, extrêmement délicats—dégageraient sûrement une odeur. Le temps a passé. Les odeurs se sont dispersées dans l’air. Pourtant, les odeurs sorties des estomacs, des gorges et des bouches d’innombrables gens ne disparaissent pas—miracle, acte inexplicable au-delà de l’ordre humain. Si l’on presse le bout du nez contre la vitre, il y a sûrement une odeur. On la nettoie chaque jour, mais les odeurs continuent de suinter des gens. Toutes sortes d’odeurs humaines se mêlent. On ne peut pas dire de quelle odeur il s’agit. Seulement qu’elle est sale.

Quand elle pose son front contre la vitre du train—structure où fragment de vitre, fragment de siège, fragment de passager définissent inévitablement l’ensemble du compartiment—la froideur propre au verre se répand d’un coup sur tout son visage. Froid. À moins de rencontrer une chaleur suffisante pour le faire fondre, le verre reste froid. Froid, glacé. Dehors, c’est plus froid et plus glacé encore que le verre. Dehors, au-delà de la vitre, il y a une autre couche de verre, des plaques invisibles figées par le froid au point qu’un toucher les ferait coller. Par les interstices de ces plaques monte le bruit du vent d’hiver secouant à la fois les arbres, les fils et les enseignes hors du train. Impossible d’y distinguer ce qui balance et ce qui claque. On voit mal l’extérieur. La vieille femme assise à côté d’elle s’est déjà endormie. Sa poitrine se soulève et s’abaisse lentement.



Elle haussa la voix, mais l’homme ne comprit pas. Alors une flamme étrange monta dans ses yeux. Comme—vision zéro, une flamme de carbure tremblante à l’intérieur de la caverne—cette lumière révéla une énergie primitive. Ses yeux, désormais souriants, semblaient dire quelque chose. Elle ne pouvait pas comprendre. Ne pouvant pas comprendre son sourire, elle continuait de marmonner pour elle-même. L’homme n’arrivait pas à distinguer ses paroles. Son marmonnement continua, et soudain il la saisit.

Prise dans son étreinte, elle cria cette fois d’une voix nette :

« J’ai dit que ça sentait ! »

« Quelle odeur, salope ! »

Il commença à l’entraîner. Alors elle reconnut l’odeur, la première odeur qu’elle ait jamais perçue chez sa mère. Oui. Cette odeur. Si vive. À présent, elle sentait qu’elle pouvait l’enregistrer. Elle devait l’enregistrer. Elle n’avait plus froid. Au moment où les mots capables d’enregistrer cette odeur commencèrent à émerger clairement, l’une des mains de l’homme tenait Soso, et l’autre lui serrait le poignet.


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