남겨진 사람에게
나는 태어날 때
둘이었다.
엄마의
더 아픈 손가락과
더 예쁜 손가락은
언제나
나의 반쪽인 오빠였다.
오빠는
나와는 다르게
조용한 사람이었다.
프랑스에 온 뒤로는
우리는 자주 연락하지 않았다.
가끔,
“잘 지내?”
그 정도.
언젠가
한국에 잠시 갔을 때
함께 술자리를 한 적이 있었다.
엄마의 차별을 이야기하던 나에게
오빠는 말했다.
자신은 장남이었기에
그 무게가 더 힘들었다고.
그 대화가
우리가 나눈
마지막으로 진지한 이야기일 줄은
그땐 몰랐다.
둘째 출산을
두 달 앞둔 어느 날,
카카오톡이 울렸다.
받아야 한다는
이상한 직감이 들었다.
전화기 너머로 들려온 건
동생의 울음 섞인 목소리.
“누나…
형이…
죽었어…”
무슨 일이었을까.
뜻밖의 죽음을 맞이하기엔
우리는 아직
너무 어렸다.
놀람이
조금씩 현실이 되면서
눈물이 흐르려던 순간,
그가 도착했다.
17년 전,
프랑스로 떠나오며
나는 많은 것들을 놓쳤다.
친구들의 결혼식,
친척과 친구 부모님의 장례식,
동생의 결혼식.
매번
“못 가서 미안해.”
거리가 멀어서,
아이가 어려서,
돈이 없어서,
코로나 때문에.
이유는 많았지만
결국 나는
그 자리에 없었다.
이제는
좋은 시간보다
힘든 시간이 더 많아질 텐데,
얼마나 많은 순간들을
나는 멀리서
미안해하며 보내야 할까.
가야만 했다.
만삭의 몸으로
비행기를 타겠다는 나를
그는 말렸다.
하지만
첫째를 맡기고,
승무원들의 제지에도 불구하고
나는 비행기에 올랐다.
비행기 안에서
시간이 어떻게 흘러갔는지는
지금도 잘 기억나지 않는다.
믿기지 않는 일 앞에서
나는 그저
멍하니 앉아 있었던 것 같다.
공항에는
친구가 마중 나와 있었다.
장례식장에 도착했고,
오랜만에 보는 얼굴들,
그리고
사진 속의 얼굴.
그제야
정말로
그가 없다는 사실이
몸으로 와 닿았다.
오열하는 엄마를 보며
나는 생각했다.
오빠를 더 사랑했던 엄마.
“더 예쁜 손가락”이었던 아들.
그 아들을 잃은 엄마의 슬픔은
나의 슬픔과
비교할 수 없을 것이다.
만삭의 배를 안고 서 있던 나는
그날 처음으로
엄마를 이해했다.
아이를 잃는다는 것,
자식을 잃는다는 것.
그 슬픔 앞에서
나는 차마
울 수조차 없었다.
발인 날은
우연히
우리의 생일이었다.
만삭의 배를 안고
나는
영정사진을 들고 걸었다.
태어난 날,
떠나는 길.
하늘은
유난히 파랬다.
발인을 마치고
잠시 한국에 머무는 동안
나는
오빠의 휴대전화를 사용했다.
사진첩을 넘겼다.
그 안에는
내 사진과
내 딸아이의 사진이 있었다.
그제야
깨달았다.
아직
아이를 보여주지 못했다는 것을.
아이를 좋아했던 너라면
분명
많이 좋아했을 텐데.
아버지를 잃은 친구에게
다른 친구가 해주었던 말이
문득 떠올랐다.
“호상은
떠난 사람의 몫이 아니라
남겨진 사람의 몫이야.
남은 사람이
얼마나 잘 살아가느냐가
호상을 만드는 거야.”
젊고,
갑작스러운 죽음 앞에
과연
호상이 있을 수 있을까 싶지만,
나는
너의 몫까지
잘 살아보려 한다.
둘로 태어난 나는
그렇게,
그날
혼자가 되었다.
어떤 상실은
평생을 따라온다.
생일마다,
아이들이 자랄 때마다,
한국을 방문할 때마다
문득,
“오빠가 있었다면…”
이라는 생각이
나를 찾아올 것이다.
하지만
너라면
말없이
힘내라고
고개를 끄덕여 줄 것이라는 걸
나는 안다.
그래서
나는 오늘도
나의 자리에서
살아간다.
Je suis née
à deux.
Pour maman,
il y avait toujours
le doigt qui faisait le plus mal,
et celui qu’elle trouvait le plus beau.
Et cet autre doigt,
c’était mon frère.
Ma moitié.
Mon frère
était quelqu’un de silencieux.
Bien plus que moi.
Après mon arrivée en France,
nous ne parlions plus beaucoup.
Parfois,
un message.
« Tu vas bien ? »
Rien de plus.
Un jour,
lors d’un passage en Corée,
nous avons bu ensemble.
Je lui parlais
des différences de traitement de maman.
Il m’a répondu que,
parce qu’il était l’aîné,
le poids avait toujours été plus lourd pour lui.
Je ne savais pas
que ce serait
notre dernière vraie conversation.
Deux mois avant la naissance
de mon deuxième enfant,
mon téléphone a vibré.
J’ai senti
qu’il fallait répondre.
De l’autre côté,
la voix de mon petit frère,
brisée par les sanglots.
« Grande sœur…
le frère…
il est mort… »
Que s’était-il passé ?
Pour une mort aussi soudaine,
nous étions encore
bien trop jeunes.
Alors que la stupeur
commençait à devenir réelle,
au moment précis
où les larmes allaient couler,
il est arrivé.
Il y a dix-sept ans,
en quittant la Corée pour la France,
j’ai laissé derrière moi
beaucoup de moments.
Les mariages de mes amis.
Les enterrements de proches.
Le mariage de mon petit frère.
À chaque fois :
« Désolée, je ne peux pas venir. »
La distance.
Les enfants trop petits.
L’argent.
La pandémie.
Les raisons changeaient,
mais le résultat restait le même :
je n’étais pas là.
Et maintenant que le temps passe,
je me demande
combien de fois encore
je vivrai ces moments importants
de loin,
avec pour seul mot
« pardon ».
Il fallait que j’y aille.
Avec ce ventre presque à terme,
il a essayé de m’en empêcher.
Mais j’ai confié mon aînée,
et malgré les avertissements
du personnel de bord,
je suis montée dans l’avion.
Dans l’avion,
je ne sais plus
comment le temps s’est écoulé.
Face à l’inacceptable,
je crois être restée là,
assise,
vide.
À l’aéroport,
une amie m’attendait.
Puis le funérarium.
Des visages familiers.
Et ton visage,
figé sur une photo.
C’est là
que mon corps a compris
que tu n’étais vraiment plus là.
En voyant maman
effondrée,
j’ai pensé :
La douleur de maman,
celle d’avoir perdu
son « doigt le plus beau »,
ne se laissait pas
comparer à la mienne.
Debout,
mon ventre plein de vie,
j’ai compris maman
pour la première fois.
Perdre un enfant.
Perdre son enfant.
Face à cette douleur,
je n’ai même pas su pleurer.
Le jour de l’enterrement
était aussi
le jour de notre anniversaire.
Le ventre lourd,
tenant ta photo entre mes mains,
j’ai marché.
Le jour où nous sommes nés,
le jour où tu es parti.
Le ciel était bleu.
Après les funérailles,
pendant mon court séjour en Corée,
j’ai utilisé ton téléphone.
J’ai fait défiler les photos.
Il y avait
des images de moi,
et de ma fille.
Alors seulement
j’ai réalisé
que je ne te l’avais jamais présentée.
Toi qui aimais tant les enfants,
tu l’aurais sûrement
beaucoup aimée.
Un jour,
en parlant avec une amie
qui avait perdu son père,
quelqu’un lui avait dit :
« Une “Mort apaisée ”
n’appartient pas à celui qui part,
mais à ceux qui restent.
Ce sont les vivants,
par la manière dont ils continuent à vivre,
qui lui donnent ce sens.»
Face à une mort jeune,
soudaine,
je ne sais pas
si ces mots peuvent vraiment s’appliquer.
Mais moi,
j’essaierai
de bien vivre,
aussi pour toi.
Née à deux,
je suis devenue,
ce jour-là,
seule.
Certaines pertes
nous accompagnent toute une vie.
À chaque anniversaire,
quand mes enfants grandissent,
lorsque je retourne en Corée,
cette pensée revient :
« S’il avait été là… »
Cette pensée
viendra me chercher.
Mais je sais que toi,
sans un mot,
tu hocherais la tête
pour me dire de tenir bon.
Alors,
aujourd’hui encore,
je vis
à ma place.