이름이 생긴다는 건

– 서툰 마음의 시작, 멈춘 감정의 온도

by 오늘도


‘받은 적 없는 사랑을,
나는 과연 줄 수 있을까?’



아이를 갖고,

나는 자주 이런 생각을 했다.


누군가는 말했다.

사랑을 받아본 사람이

사랑을 줄 줄 안다고.


그 말을 들을 때마다

마음이 흔들렸다.


나는 한 번도 누군가에게

“그대로 괜찮다”는 말을

들어본 적이 없었다.


그래서였을까.

내 사랑이 충분하지 않을까 봐,

그 마음이 닿지 않을까 봐,

늘 겁이 났다.






기저귀를 갈아주던 누나였고,

아이들을 많이 보며 자랐던 나는

꽤 쿨한 엄마가 될 줄 알았다.


하지만 막상,

품에 안은 내 아이는

모든 감정이 낯설 만큼 생생했고,

모든 순간이 예상 밖이었다.







프랑스 병원 특성상

모자동실을 했던 나는

하루에도 몇 번씩,

아니, 거의 모든 시간을

수유로 보냈다.


그런데 이상했다.

그렇게 자주 안았는데도

아이의 몸무게는 줄어만 갔다.


“지나갈 때마다 수유를 하고 계시던데,
아기 몸무게가 왜 이렇게 줄죠?”



간호사는 고개를 갸웃하며

유축기를 가져왔다.


결과는 냉정했다.

3ml.


아이는 그 적은 양을

계속 먹고 있었던 것이다.


나는 그 자리에서 한동안

눈을 떼지 못했다.


내 품이 따뜻한 줄만 알았는데,

정작 아이는 배고팠던 것이다.






모유량을 늘리기 위한

특단의 조치가 내려졌다.


아이가 수유를 마치면

30분씩 유축을 할 것.

L’homéopathie라 불리는 자연요법 약제 3종,

부스터, 수유차까지

하루도 빠짐없이 챙겼다.


젖병으로 분유를 먹이면

모유 수유를 거부할 수 있다며,

간호사는 내 가슴에

분유 호스를 연결해주었다.


그렇게 노력한 끝에

아이의 몸무게는 천천히 늘어갔다.


자연분만은 3일,

제왕절개는 5일 뒤 퇴원하는 프랑스에서

나는 일주일 넘게 병원에 머물렀다.


처음 아이를 집으로 데려오던 날,

낯설음과 두려움, 그리고 설렘이 한데 섞여

'이제 진짜 시작이구나.'

스스로 다짐했다.







그와 나는

하나부터 열까지 달랐다.


손톱을 자르는 법,

보습제를 바르는 순서,

작은 결정을 내리는 방식까지.


아이를 사랑한다는 이유로

서로의 행동 하나하나에

의견을 보탰다.


“그렇게 하는 거 맞아?”
“이렇게 해야지.”



사랑은 같았지만,

방식은 달랐다.







어느 날,

아이는 그가 주는 분유를 거부하고

울기만 했다.


그게 하루, 이틀 계속되자

그는 지쳐갔고,

결국 목소리가 높아졌다.


며칠 뒤,

아이는 또 우유를 거부했다.


분유의 문제일까,

젖꼭지의 문제일까.

끝없이 고민했다.


결국 이유는 너무 단순했다.

물의 온도.


그녀는

조금 더 따뜻한 우유를 원했던 거였다.


그 단순한 사실이,

어쩌면 우리에게도 필요한 온도라는 걸

그때는 몰랐다.


여전히 우리는

서로를 이해하기보다 설명하려 했고,

가까워지기보다 버텨내고 있었다.


싸움이 잦아도,

말이 줄어들어도,

아이 앞에서는 함께 웃으려 애썼다.


아직도 우리에겐

조금 더 따뜻한 온도가 필요했다.






육아의 피곤함 속에서,

아이를 향한 사랑이 깊을수록

우리는 서로에게 더 쉽게 상처를 냈다.


엄마도,

엄마가 처음이라.

아빠도,

아빠가 처음이라.


사랑스러움과 미안함이

엇갈리듯,

하루에도 몇 번씩 오갔다.


그 감정은

서로를 다치게 하기도 했고,

또 하나의 다짐이 되기도 했다.






그렇게,

우리는 둘이 아닌 셋이 되었다.


나만이 아닌,

누군가의 엄마이자 아빠로서

어색한 이름을

조금씩 익혀갔다.


사랑이 모양을 바꾼 자리엔

보이지 않는 마음의 끈이

조용히 자라났다.


조용히 머물던 그 온도가,

오늘의 우리를 만들었다.





이제는 조금 알 것 같다.

이름이 생긴다는 건,
완성의 순간이 아니라
끝없는 배움의 시작이라는 걸.

부모라는 이름도,
사랑이라는 이름도
아직 미완성인 채,
서로의 불완전함에 기대어
조용히 자라나고 있었다.

어쩌면,
사랑은 그렇게 —
이름 대신 **‘온도’**로
자라나는지도 모른다.

당신은 어떤 온도로,
사랑하고 있나요?





Donner un nom

Le début maladroit d’un amour, la température d’un sentiment suspendu



« Puis-je vraiment donner un amour
que je n’ai jamais reçu ? »

En attendant un enfant,

je me posais souvent cette question.


Quelqu'un q dit un jour

que seules les personnes aimées

savent aimer à leur tour.


Chaque fois que j'entendais cette phrase,

mon cœur se serrait un peu.


Personne ne m'avait jamais dit :

« Tu es bien comme tu es. »


Alors peut-être avais-je peur.

Peur que mon amour ne suffise pas,

peur qu'il n'atteigne pas vraiment

ce petit être à venir.








J'étais la grande sœur

qui changeait les couche,

celle qui gardait souvent les enfants des autres.

Je croyais donc être prête,

une mère calme, presque détachée.


Mais une fois mon bébé dans le bras,

tout m'a paru brut, à vif.

Chaque émotion était nouvelle,

chaque instant, imprévisible.







À l’hôpital,

comme il est d’usage en France,

nous partagions la même chambre,

jour et nuit.


J'allaitais sans cesse,

presque à chaque heure,

et pourtant...

le poids du bébé ne cessait de baisser.



« Je vous vois allaiter tout le temps,
mais pourquoi perd-il autant de poids ? »


demanda l'infirmière,

en apportant un tire-lait.


Le résultat fut sans appel :

à peine 3 ml.


Mon cœur s’est figé.

Je croyais l'avoir nourri de chaleur,

mais il avait simplement faim.






Alors un protocole spécial fut mis en place :


trente minutes d'extraction

après chaque tétée,

trois types d'homéopathie,

des infusions, des boosters...

Pas un jour sans essayer.


On m'expliqua que le biberon

pouvait le détourner du sein,

alors l'infirmière fixa un tube de lait

directement à ma poitrine.


Peu à peu,

le poids de ma fille remonta.


En France,

on quitte la maternité trois jours après une naissance naturelle,

cinq jours après une césarienne.

Moi, j'y suis restée plus d'une semaine.


Le jour du retour à la maison,

je ressentis un mélange d'appréhension et d'espoir.

C'était le vrai début.






Son père et moi,

nous étions différents en tout.


La manière de couper les ongles,

d'appliquer la crème,

de décider pour les choses les plus simples.


Parce que nous aimions notre enfant,

nous avions chacun notre façon

de vouloir bien faire.



« Tu es sûre que c’est comme ça ? »
« Non, il faut plutôt faire comme ci. »


L'amour était le même,

mais nos chemins divergeaient.





Un soir,

notre fille refusa le biberon

que son père lui tendait.


Il essaya, encore et encore,

jusqu'à s'épuiser,

jusqu'à ce que la fatigue

se transforme en colère.


Quelques jours plus tard,

elle refusa à nouveau de boire.


Était-ce le lait ?

la tétine ?

On chercha des réponses,

sans les trouver.


Et puis, soudain,

on comprit :

la température.


Elle voulait juste

un lait un peu plus chaud.


Cette évidence nous frappa.

Peut-être que nous aussi,

nous manquions simplement

d'un peu plus de chaleur.


Nous cherchions à expliquer

plutôt qu'à comprendre,

à tenir bon

plutôt qu'à nous rapprocher.


Même quand les disputes revenaient,

quand les mots se faisaient rares,

nous essayions de sourire

devant notre enfant.


Il nous manquait encore,

à nous aussi,

cette douceur de température.






Dans la fatigue du quotidien,

plus l’amour grandissait,

plus nous nous blessions facilement.


Maman pour la première fois.

Papa pour la première fois.


Entre la tendresse et la culpabilité,

le cœur balançait

des dizaines de fois par jour.


Ces émotions-là

nous épuisaient parfois,

mais nous rappelaient aussi

que nous apprenions ensemble.






Ainsi,

nous n'étions plus deux,

mais trois.


Ni seulement moi,

ni seulement lui,

mais un père, une mère,

avec des dôles encore trop grands pour nous.


Nous apprenions à les porter,

à les apprivoiser.


Et dans le silence de ces jours,

un fil invisible

se tissait entre nous.


Une chaleur discrète,

mais bien réelle,

faisait naître

ce que nous sommes aujourd'hui.






Je crois comprendre un peu mieux, maintenant.

Donner un nom,
ce n'est pas accomplir quelque chose,
c'est commencer à apprendre.

Le mot "parent",
le mot "amour",
restent inachevés,
comme nous.

Ils grandissent, lentement,
dans nos imperfections mêlées.

Et peut-être que l'amour,
au fond,
ne se dit pas avec des mots,
mais avec une température.

Et toi,
avec quelle chaleur
aimes-tu aujourd’hui ?